| 
|
Ecole de Baillon
Non Gilbert, non Eric, ces enfants ne
vous attendent pas pour pique-niquer comme vous semblez le croire. Ils
arrivent de Royaumont et du Lys pour se rendre à l’école
de Baillon. Ils vont entrer séparément dans la cour, les
garçons par la petite porte droite, les filles par celle de gauche
pour... se retrouver ensemble dans la classe !!!! Cette classe, parlons-en.
A l’entrée, contre le mur du fond, des porte-manteaux où
l’on accroche sa pèlerine, son couvre-chef, sur le banc,
son panier de provisions (compte-tenu de la distance, pas question de
rentrer déjeuner à la maison) et, sous le banc, les galoches
bien alignées. Des panneaux de bois séparent ce «déposoir
» (ne cherchez pas dans le Larousse) du reste de la classe formant
ainsi une sorte de couloir où l’on est prié de ne
pas se bousculer. N’oublions pas le poêle qui trône
au milieu de la salle. La coutume veut que chaque enfant apporte une
bûche. Les grands sont chargés à tour de rôle
d’entretenir le feu. L’école accueille les enfants
de 5 à 14 ans. Les petits la fréquentent assidûment.
Certains, plus grands, disparaissent dès qu’arrivent les
beaux jours appelés par les travaux des champs ou de la forêt
et ce malgré les prestations vigoureuses de l’instituteur
et de l’inspecteur. Ah ! la cueillette des p’tits pois,
que de rappels à l’ordre n’a-t-elle pas suscités.
La maison que l’on aperçoit sur la photo était située
au niveau de l’entrée de l’allée du Bois bonnet.
On l’appelait « le chalet », le dernier propriétaire
du Prieuré y demeurait. Elle a été détruite
en même temps que tous les bâtiments du Prieuré pour
faire place à la résidence. Il nous en reste une grande
et belle bibliothèque que Madame Spencley, conseillère
municipale et institutrice à Baillon, a sauvée de la démolition.
Démontée, décapée, installée dans
le hall de la nouvelle école construite pour satisfaire aux besoins
des enfants attendus, elle est le lien entre l’ancien et le nouveau
Prieuré. On peut encore voir un vestige du Prieuré lorsqu’on
se promène sur la route. Derrière le grillage, on aperçoit
l’ancienne limite de la propriété qui était
constituée d’un fossé et d’un mur….
quelques pierres et un petit bout de fossé non encore comblé.
Ginette Bianchi |